· VI

Bravo ! et à double titre…

Michel Houellebecq l’observe non sans lucidité (cf 10  p.22 ) : faute en général de temps libre le libre lecteur contemporain ne relit plus (ni d’ailleurs, on peut en tout cas le craindre pour la même raison, ne se relit…) Exception faite peut-être des vrais critiques et universitaires dont c’est à la fois la passion et le métier, et encore ! Les relectures attentives dont se prévalent par exemple les comités éditoriaux les plus démocratiques ne sont souvent au mieux, ça n’est un secret ni ne saurait être une révélation pour personne, que des lectures plurielles décidant ou non d’une publication au seul nombre de suffrages…

Bravo donc en premier lieu à notre ami et lecteur idéal d’avoir accédé sans hésiter, lui, à l’instante prière qui lui était adressée en (10) de bel et bien re-lire Le regard – déjà dûment jugé et apprécié par lui en (9 A) – mais avec du recul et l’éclairage cette fois de sa Parola dipinta génératrice.

Que vous ayez vous-même ou non lu et relu ledit Regard, et quoi que vous en ayez pensé ou repensé, le seul fait de vous intéresser de surcroît à la remise en question de sa lecture première par un tiers (11) témoigne à tout le moins que vous êtes non seulement un libre lecteur contemporain d’exception, mais plus encore exceptionnellement libre de son temps pour être soucieux d’objectivité, voire d’équité.

Alors oui : doublement bravo !

Déroutant, non ?

–         Si ce nouveau témoignage vous interpelle par son quasi déni du précédent et que vous vous sentez tenu du même coup, si vous ne l’avez déjà fait, de juger enfin par vous-même, n’hésitez plus à relire (1).

–         Si vous vous demandez par ailleurs ce que peut bien éprouver l’auteur d’un texte formaliste (matérialiste, oulipien, de recherche…) ainsi rejugé en appel (ce qu’il avait au juste espéré d’une relecture des faits, ce qu’il a ressenti le premier au revirement de son témoin, ce qu’il pouvait derechef plaider pour sa défense et cela sans altérer de facto leur amitié…), passez en VII

–         Si vous vous étonnez de ne pas trouver en ce chapitre une relecture parallèle de Z ou la création, la raison en est simple : comment ne pas risquer d’être accusé (en sus) de harcèlement intellectuel et moral en suggérant de relire un polar à qui avoue détester le genre et avait déjà fait l’effort méritoire de le lire une première fois ?  Mais si vous-même avez aimé, rien n’interdit désormais à votre libre curiosité de revisiter seul (2) avec sa clé de (8).

–          Si décidément l’inconséquence des verdicts d’autrui, renchérissant sur votre peu de confiance en votre propre jugement, vous conforte dans l’idée que seul importe chez un auteur de romans ce qui demeure encore traçable de son contexte socio-culturel et des jalons avérés de son existence, n’oubliez pas que VIII vous espère…