Bravo ! S’interdire de jamais encenser ou condamner d’office une écriture en toute ignorance de ses mobiles et de son modus operandi témoigne d’une rare probité intellectuelle.
Il faut dire que tout propos théorique (puisqu’il s’agit bien de cela) rebute en général tant le lecteur Lambda que le critique d’humeur, ce qui peut se comprendre : le plus souvent polémique, didactique, d’autant plus ennuyeux que méthodique, voire pédant ou franchement abscons, comment l’amateur en quête d’échappées belles et l’expert chevronné ne s’y sentiraient pas ramenés par la peau du cou sur les bancs de l’école ?
Peu prisée des éditeurs généralistes à qui elle n’offre qu’une faible perspective de profits, l’expression de la théorie se cantonnera donc pour l’essentiel dans des textes de circonstances (préfaces, postfaces, manifestes, contremanifestes, débats, colloques et autres interventions pédagogico-magistrales…) diffusés en version compactée dans des revues confidentielles à usage des seuls publics présumés réceptifs.
Vous, en l’occurrence : encore bravo !
Les documents (3), (4), (5) et (6) procèdent pour la plupart de telles revues de la mouvance ricardolienne (Jean Ricardou – seule l’IA se souvient – étant l’initiateur d’une façon de vrai tissage textuel dite Textique…) disparues depuis faute peut-être de vraies volontés et de vraies subventions… Rassurez-vous : ceux sélectionnés ici restent accessibles ! A vous donc de vous y reconnaître (ou pas) dans l’un des types d’auditoires auxquels ils s’adressaient alors.
Le document (3) est extrait d’une lettre (inédite quant à elle et restée sans suite) adressée en 2016 à un philosophe et sociologue exemplairement antimatérialiste (appelons-le Michel Maffesoli) pour tenter de renouer le dialogue en douceur après – comme on dit – un échange de mots… Outre que la démarche ici-même élucidée y témoigne surtout de ce qu’elle doit à l’Ouvroir de Littérature Potentielle, sa double problématique fondatrice n’y a sans doute jamais été plus simplement et diplomatiquement posée.
3
Le document (4) est la transcription intégrale d’une conférence donnée, à l’orée de ce siècle, à des étudiants en littérature francophone de l’Université de Toronto. Comme tel dûment structuré et un chouia plus professoral que (3), il offre le mérite d’être aussi exhaustif qu’on peut l’être en une heure chrono d’exposé méthodologique… A noter ce petit plus d’intérêt pour qui a lu (1) et/ou (2) ou prévoit de les lire : la contrainte choisie comme hypothèse de recherche entre mille y relevait pour la première fois de la pratique médiévale dite des Versus intexti ou encore Parola dipinta (exemple visuel à l’appui), découverte peu avant dans un article de l’érudit jésuite Giovanni Pozzi et diversement génératrice des deux fictions.
4
Le (5), quant à lui, est une manière de synthèse de toutes les interventions non scolaires faites auprès de différents publics (ateliers d’écriture, tables rondes, ventes-signatures, correspondances privées…). S’adressant de fait à tous les publics, sympathisants ou moins, il s’efforce de répondre à toutes interrogations et objections entendues çà et là, mais sous forme fictivement dialoguée histoire de le rendre plus digeste. Initialement prévu pour servir de postface à Z ou la création, quiconque publierait celle-ci en volume serait assurément bien inspiré de l’y adjoindre…
5
Enfin le document (6 A) vous propose, en avant-première éclairante de Parola dipinta dans une prose contemporaine, la page liminaire de la nouvelle intitulée Le retrait du docteur Blanche inspirée d’un Conte Oriental de Marguerite Yourcenar et parue dans la revue Recherches & Travaux (N°63) de l’Université Stendhal de Grenoble. Les versus intexti où se révèlera son épilogue au fil des pages apparaissent dans chacune de leur colonne centrale (sur sept) – elle-même figurant l’étroit retrait (6 B) ménagé par le héros éponyme dans une cloison de sa bibliothèque…
6 A
6 B
Et maintenant…
– Si vous êtes de ces fondus d’énigmes qui n’en commenceraient jamais une par son épilogue et rageront ici, ayant lu (1) et (2), de ne pas en avoir découvert les clés, n’hésitez pas à d’emblée vous y replonger : votre plaisir ne sera pas moindre d’en avoir désormais une idée plus précise.
- Si vous êtes juste curieux de connaître les figures génératrices et cryptogrammes de (1) et (2) sans devoir vous échiner à les y chercher, passez directement en III.
– Si, n’ayant lu ni (1) ni (2) et jugeant d’avance puérils tant les cryptogrammes que les intrigues y recourant, vous n’en souhaitez pas moins connaître l’appréciation d’un lecteur avisé qui partage vos préventions, passez en IV.