· VII

Alors là, n’ayons pas peur des mots : chapeau bas !

Bon, c’est vrai… il se peut que vous soyez ici par inadvertance, ou encore parce que le prestige quasi magique du chiffre 7 vous fascine depuis l’enfance. Bibi soi-même est ébloui par ces experts pédagogues ayant mesuré Dieu sait comme qu’un savoir nouveau devait être en moyenne répété sept fois pour être assimilé, ou un texte relu de même pour être totalement compris… Mais si, en l’occurrence, vous n’avez rien lu des chapitres qui précèdent, soyons clair : vous risquez ici d’être un peu perdu. Commencez donc par consulter au moins (7)…

Sinon il n’est guère que deux hypothèses :

Soit, pour en arriver là, vous avez systématiquement tout épluché dans l’ordre des chapitres, comme ferait l’amateur d’un roman d’intrigue sans en sauter les descriptions ou autres digressions philosophico-moralisantes, conscient qu’il pourrait s’y cacher quelque indice capital. Comme ferait aussi le juré scrupuleux des minutes d’un procès en révision, sachant que chaque pièce a probablement sa raison d’être jusqu’en son classement dans le dossier. Ce qui est sans conteste méritoire…

Soit vous vous êtes laissé guider par vos curiosités et impulsions, éludant à mesure les chapitres ou documents vous concernant moins que les autres conformément aux options qui vous étaient chaque fois libéralement suggérées. Ce qui en soi (rassurez-vous) serait on ne peut plus légitime… Sauf qu’aucune de ces suggestions ne préconisait de passer précisément par VII (vous pouvez vérifier) si ce n’est, au chapitre précédent, celle vous supposant intéressé aux sentiments intimes et réactions d’un auteur matérialiste garanti humain, mais mal compris, ignoré sinon censuré ou autrement humilié… Ce qui de votre part témoignerait en sus d’une très réconfortante et généreuse empathie. 

Alors oui : chapeau bas pour elle !

Tel qu’il s’inscrit ici au terme de leur peu terminable discussion épistolaire et fait suite chronologiquement à (10) et (11), le document (12) est donc la réponse dudit auteur à la claire absence d’exaltation (pour ne pas dire la crispation manifeste) dont témoigne la relecture décillée du Regard par son témoin et ami.  Un ultime plaidoyer en somme, plus long encore que (10) et non moins pesamment didactique à défaut d’être désespéré : n’y est-il pas élucidé de façon toujours plus exhaustive, outre le pourquoi, le comment et le pour quoi évolutifs dudit Regard, ceux de leur discussion même et jusqu’à la genèse du présent site ?

Le tout, respect de l’empathie oblige, en marchant sur des œufs… 

Ensuite ?

–       Si vous avez tout lu scrupuleusement de (12) et de ce qui le précède en ce site depuis sa page titre, et ce dans quelque ordre que ce soit, sachez que nul ne vous déniera votre louable persévérance quoi qu’il en résulte. Si cette lecture n’a cependant rien changé de votre regard sur le texte romanesque en général ni de vos choix, opinions, habitudes et autres boulimies littéraires, dites-vous aussi que ça n’est pas bien grave : l’intempérance lectorale n’a jamais tué personne. Seul à la rigueur pourrait en mourir le roman de recherche (matérialiste, formaliste, etc…) déjà exsangue. Allez en paix…

–       Si en revanche les relectures inopinées de (1) par son propre auteur vous ont ici un tant soit peu troublé, que ce soit par leur impudence incongrue, par les paraboles qui s’y révèlent ou par la traçabilité de leur mise en oeuvre, sachez que (2) n’a pour sa part été relu par personne à ce jour et demeure grand ouvert à votre libre sagacité. Outre que l’auto-analyse de la romance pourra vous servir de guide pour celle du polar, n’oubliez pas que VIII vous offrira toutes informations qui vous manqueraient encore pour y démêler l’inévitable filigrane autobiographique de sa trame matérialiste garantie pur jeu de mots… 

–      Si enfin, loin de n’être qu’un fervent consommateur et analyste de romans, le désir vous travaille d’en produire, si vous vous sentez partie prenante et agissante dans l’histoire inachevée de l’écrit, si vous êtes convaincu que le Verbe, tant apollinien que dionysiaque, n’a pas encore tout dit qui existait avant vous et vous avait donné conscience de vous, qu’Il vous a fait ce que vous êtes aux yeux des autres pour le meilleur et pour le pire, et qu’il ne restera de vous après vous, quel que soit votre langage, que ce que vous l’aurez directement ou par leur biais contraint d’avouer qu’Il avait toujours tu, nul doute que vous êtes John, quand bien même vous l’auriez ignoré jusqu’ici…

Du coup je ne sais plus trop sur quel support ni dans quel temps, proche ou lointain, vous m’aurez lu et relirez. Je ne sais pas davantage s’il y sera encore possible d’explorer et d’exploiter de nouvelles hypothèses formelles, figures peintes ou (indéfiniment ?) toutes autres… J’ignore, en son contexte socio-économico-culturel, jusqu’à ce qu’y sera devenu votre statut, simple survivant, clerc en place ou déjà au rebut. Mais comment, quel qu’il s’avère, n’y seriez-vous pas toujours mieux placé que moi pour savoir ce qui peut encore s’y écrire d’exaltant à défaut de s’y imprimer, de s’y étudier ou de s’y vendre ?…