Bravo ! Choix audacieux mais judicieux.
S’agissant de s’initier à une pratique romanesque aussi méconnue que peu reconnaissable a priori, la plus saine des attitudes n’est-elle pas de commencer par en explorer soi-même sans préjugés quelques exemples diversement significatifs ? Telles donc se présentent les deux fictions ci-jointes, aussi convenues qu’accessibles et cependant très différentes l’une de l’autre tant par le genre que par le style :
La première (1), intitulée Le regard, est un court récit de 76 pages à la première personne qu’on pourrait dire érotique, ou d’amour, ou d’analyse, ou encore d’apprentissage, plus proche en tout cas de par son classicisme un poil gourmé – forfanterie mise à part – de La princesse de Clèves ou de l’Education sentimentale que d’Harlequin ou du classé X.
Pour ceux qui aiment…
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La seconde (2), intitulée Z ou la création et d’un format quasi standard, s’adressera plus volontiers au féru de polars à l’ancienne (d’avant l’ère informatique), riches en retournements de perspectives et limite déjantés (en dépit de son titre et de son préambule ambitieux dont vous saurez la raison plus tard…) façon Léo Malet disons, plutôt que Simenon…
Aux adeptes de voir.
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Et maintenant…
- Si vous avez apprécié, voire aimé, la première ou la deuxième de ces fictions sans pour autant clairement percevoir en quoi son écriture se distinguerait d’autres du même genre ou du même style – et si toutefois vous n’éprouvez aucune réticence à l’apprendre – passez en II.
- Si vous n’avez accroché ni à l’une ni à l’autre, n’ayant d’affinités ni pour le polar ni pour la psychologie amoureuse, sachez que la même procédure formaliste (matérialiste, de recherche, etc…) permet l’élaboration de bien d’autres types de romans convenus (historiques, d’espionnage, d’aventures, d’horreur, fantastiques, métaphysiques, pornographiques, régionalistes, engagés, de SF, pour la jeunesse, de rêverie ou de fantaisie pures…) : c’est juste faute de temps et de disponibilités qu’il n’en sera pas fourni d’exemples en ce lieu. Si toutefois vous tenez à savoir comment la chose n’en est pas moins concevable, passez vous aussi en II.
– Si vous vous défiez, en revanche, des auteurs théoriciens sur la raison qu’une littérature authentique ne saurait procéder de recettes, si vous jugez plus fiable de confronter d’abord votre appréciation spontanée à celle d’un critique moins formellement impliqué, praticien du roman lui-même et non moins aguerri mais d’une toute autre école de pensée littéraire, passez en IV.
- Si vous vous défiez des experts les plus impartiaux autant que des théories mais préférez – avant que de valider ou de récuser définitivement votre jugement premier sur ses ouvrages – mieux connaître les antécédents de l’auteur (enfance, milieu social, études, condamnations, opinions et engagements de tous ordres d’avant l’entrée en écriture…), passez en VIII.
– Si par bonheur (ce qui somme toute n’est pas totalement à exclure…) vous avez dévoré l’un et/ou l’autre des deux ouvrages sans l’ombre d’une réserve à l’endroit de l’ouvrier, si vous vous êtes intimement reconnu en lui au point d’être convaincu que vous n’auriez su mieux dire à chacune de ses phrases comme à la moindre manifestation de l’âme prêtée à ses protagonistes, sachez que les deux romans sont libres de tous droits d’auteur et que vous pouvez donc les publier à votre compte chez l’éditeur de votre choix. Avant toutefois de les signer de votre nom personnel pour épater vos proches, veillez juste à consulter II, III, IV, V, VI et VIII, pour ne pas risquer d’être piégé par quiconque l’aurait fait avant vous…
– Si tout au contraire vous avez décroché tant à la lecture de la romance qu’à celle du polar, si vous ne vous intéressez pas davantage à d’autres genres et styles romanesques convenus ni au pourquoi, au comment et au pour quoi de l’objet littéraire, si la valeur de celui-ci ne peut selon vous que s’imposer d’emblée à l’évidence, comme la vraie foi fait Grâce de toute raison et de tout critère, si enfin le vécu personnel et le statut social de l’écrivain – de l’artiste en général – ne vous concernent à la rigueur qu’en proportion de leur impact sur le marché, force est d’admettre qu’on vous aura mal orienté : ce site ne dépend ni du ministère de la Culture ni de celui des Cultes.